L’éco-responsabilité, un enjeu pour les festivals de demain

Réaffirmer l’engagement du ministère de la Culture en faveur des festivals, telle était l’ambition de la Charte de juillet 2018, présentée à l’occasion de la 27e édition du festival des Vieilles Charrues. La ministre de la Culture avait ainsi fait part de sa volonté de soutenir les festivals « exemplaires » sur différents plans : l’excellence et la diversité artistique, les efforts tarifaires mais aussi l’empreinte territoriale et la responsabilité sociale et environnementale. Le 5 novembre dernier, la rencontre Culture et Développement durable qui s’est tenue au Théâtre national Chaillot a permis de faire le point sur ce dernier critère en dédiant une table ronde à la question des festivals durables. Compte rendu.

Béatrice Macé, Serge Kancel et Monique Barbaroux lors de la rencontre Culture et Développement durable 2018 © MC – Didier Plowy

Plusieurs leviers pour l’action publique

 « L’éco-responsabilité est un véritable enjeu pour les festivals de demain. On peut discuter de la manière dont ils intègrent les contraintes liées à l’environnement et au fonctionnement de la société », souligne Serge Kancel, inspecteur général des affaires culturelles et référent pour les festivals au sein du ministère de la Culture. « La Charte des festivals a mis en avant la force mais aussi les fragilités de cet écosystème. L’Etat doit désormais le consolider en proposant aux festivals une base, un modèle de développement. Pour cela il faut être le plus transparent possible sur les critères qui conditionnent le soutien public », conclut-il.

Proposer des subventions aux festivals qui s’illustrent par leur éco-responsabilité n’est qu’une solution parmi d’autres. Pour Monique Barbaroux, valoriser les ressources et la prévention des déchets est également un excellent moyen d’encourager l’émergence de festivals durables. « Il faut agir le plus en amont possible, sensibiliser à l’éco-conception », affirme la haute fonctionnaire au développement durable du ministère de la Culture. Certaines des actions menées ponctuellement dans les festivals, sur les tournages de cinémas ou dans la scénographie des musées – décors réutilisables, utilisation de matières recyclables, optimisation des transports… – doivent être généralisées. « La mission développement durable continuera en 2019 à attribuer une dotation aux DRAC pour qu’elles repèrent les bonnes pratiques qui peuvent intéresser tous les festivals », assure-t-elle.

Animation en réalité virtuelle WWF proposée lors de la rencontre Culture et développement durable 2018 © MC – Didier Plowy

Positionner l’art et la culture dans la trame du développement durable

Directrice des Transmusicales de Rennes, Béatrice Macé a été l’une des première à inscrire son festival dans une démarche de développement durable. Un virage lié, certes, à ses convictions personnelles mais aussi et surtout aux problématiques concrètes auxquelles elle a dû faire face. Car en 2004, juste après sa 18e édition, le festival a quitté le centre de Rennes pour emménager dans le Parc des Expositions de la ville. « On est passé des salles de concert à un immense espace vide de 250 000m2 où il n’y avait aucun équipement. Tout était à construire, il fallait repenser entièrement la manière de faire ce festival », explique Béatrice Macé. « Dans un tel contexte, la vision transversale qu’apporte le développement durable m’a aidée à structurer les nombreux changements qu’il fallait mettre en place », ajoute-t-elle. Les trois piliers du développement durable – le social, l’économique et l’écologique – se retrouvent à tous les niveaux de l’activité festivalière. « Si vous décidez de mettre en place des bars, par exemple, il faut se préoccuper des personnes qui y seront employées, de la rentabilité du lieu et de la gestion des déchets que cette activité va immanquablement générer », observe-t-elle.

39ème édition du festival des Transmusicales de Rennes © Loïc Venance / AFP

Les Transmusicales de Rennes sont devenues, en 2013, le premier festival français à obtenir la certification de son système de management responsable. Entre-temps, Béatrice Macé est devenue Présidente de la Commission de soutien aux festivals du Centre national des variétés (CNV), un cadre qui lui permet de réfléchir avec les professionnels à la meilleure manière de valoriser les actions prises en matière de développement durable. Elle a également participé à la fondation du Collectif des festivals bretons qui accompagne les organisateurs de festivals dans leurs démarches de développement durable et solidaire.Celui-ci comprend désormais 30 festivals qui s’attachent à identifier, ensemble, les problématiques communes auxquelles ils se trouvent confrontés et expérimentent à tour de rôle les solutions qui pourraient y être apportées. Ils mutualisent ensuite les enseignements qui en découlent. Un moyen, là encore, de généraliser des pratiques vertueuses et utiles à tous, en plaçant l’art et la culture dans la trame du développement durable.


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