La justice requiert six mois de prison avec sursis contre Ibrahim Maalouf soupçonné d’agression sexuelle

Un baiser « avec la langue »

Selon la version de la jeune femme, aujourd’hui âgée de 18 ans, le musicien l’aurait embrassée une première fois un soir à la sortie d’un cinéma. Un « baiser avec la langue » selon elle, un « bisou », selon Ibrahim Maalouf, 33 ans à l’époque, en 2013.
Pour lui, c’est la jeune fille qui en était à l’origine. « Je lui ai pris les poignets, je me suis éloigné d’elle, sans la brusquer ». 
Deux jours plus tard et selon la version de la jeune fille, le musicien l’aurait à nouveau embrassée, dans son studio d’enregistrement cette fois, où elle faisait un stage. Il l’aurait « attrapée par le bassin », mimant un acte sexuel. « Je sentais son sexe derrière moi sur mes fesses », avait-elle déclaré aux enquêteurs.
Cette deuxième séquence n’a jamais existé, a pour sa part maintenu à la barre le trompettiste, lauréat de quatre Victoires de la Musique et d’un César de la Meilleure Musique de Film. « En aucun cas je n’ai eu d’attirance physique ou sexuelle » pour cette « adolescente », a-t-il assuré, se sentant cependant « coupable » de « ne pas avoir su mettre des limites ». 

L’état de santé de la jeune fille s’est ensuite dégradé

Les parents n’ont signalé les faits qu’un an plus tard, après qu’elle se soit confiée à un médecin. Elle avait commencé à se scarifier et à avoir des troubles alimentaires, et a depuis effectué plusieurs hospitalisations et thérapies. 
« Comment voulez-vous qu’une jeune fille dont l’état de santé s’est objectivement dégradé, mente, pour rien, juste parce qu’elle aurait été vexée d’avoir été éconduite ? », s’est énervé le procureur dans ses réquisitions.  Et s’adressant à Ibrahim Maalouf : « Il faut plus que de l’aplomb pour imputer ça à une jeune fille de 14 ans ». 
Aucun doute pour lui, la jeune fille, qui voulait être trompettiste et avait reconnu être « fascinée », « amoureuse » du musicien, est « crédible ». Il y a eu « surprise » et « contrainte », a-t-il estimé. « Je pensais que c’était quelque chose de génial qui m’arrivait », avait dit à la barre la jeune fille. « Je lui étais reconnaissante, j’avais l’impression qu’il m’accordait une importance démesurée, à mon âge, avec sa notoriété. J’ai mis du temps à réaliser que ce n’était pas normal ». « Je sais que je dis la vérité », avait ajouté cette étudiante en lettres d’une voix timide mais ferme.

Le procureur souligne la « non-dangerosité » du musicien

Dans sa plaidoirie, l’avocate d’Ibrahim Maalouf, Maud Sobel, a elle parlé de « dépit amoureux » d’une jeune fille qui « aurait souhaité que cette transgression continue ». Elle a plaidé la relaxe, estimant qu’il n’y avait pas d’éléments pour étayer sa culpabilité.
Dans ses réquisitions, le procureur a souligné la « non-dangerosité » d’Ibrahim Maalouf, et noté qu’il ne souhaitait pas requérir que ce dernier, qui enseigne la musique aux jeunes, ne puisse plus travailler avec des mineurs. « Il y a des moments où ça peut arriver, à chacun d’entre nous, de commettre des infractions », a-t-il dit. 

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