Cinéma week-end. Claire Denis dans les étoiles

Juliette Binoche dans \"High Life\" de Claire Denis
Juliette Binoche dans « High Life » de Claire Denis (Wild Bunch Distribution)

Claire Denis a débuté en travaillant avec Wim Wenders et Jim Jarmusch. Dans High Life, elle se saisit du genre de la science-fiction pour déployer son univers mental. 

Claire Denis, une réalisatrice unique dans le cinéma français

Dans un vaisseau spatial, des condamnés à mort acceptent, pour ne pas être exécutés, d’être les cobayes d’une expérience scientifique sur la reproduction. Ils foncent vers un trou noir à la vitesse de la lumière, la terre n’existe peut-être déjà plus et dans ce huis-clos carcéral. Claire Denis observe cette communauté, qui nous ressemble terriblement, malgré le contexte improbable.

Dans ce film, il y a quelque chose de l’ordre de la philosophie qui me passionne

Juliette Binoche

L’avenir dira si High Life est un film aussi important que 2001, l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick, et Solaris de Tarkovski, ça se pourrait bien. Robert Pattinson en chevalier chaste, puis en père seul avec sa fille est très impressionnant, tout comme Juliette Binoche, en docteur Folamour, sorcière très sexuée.    

Heureux comme Lazzaro d’Alice Rohrwacher

En seulement trois films, Alice Rohrwacher a affirmé un style bien à elle qui fait beaucoup de bien au cinéma italien, confirmation avec son Heureux comme Lazzaro, prix du scénario au dernier festival de Cannes.  

On pourrait dire d’Alice Rohrwacher qu’elle a digéré tout les chefs d’œuvre de l’âge d’or du cinéma italien, ce serait réducteur. Son Lazzaro est un jeune paysan dans une communauté arriérée, qui vit dans les années 80 sans savoir que la marquise qui les exploite comme des esclaves est dans l’illégalité. Quand le scandale éclate, ils iront errer à la marge d’une grande ville.    

Ce que je demande aux spectateurs, c’est de se donner la possibilité de revenir à un regard innocent

Alice Rohrwacher

Lazzaro est à mi-chemin entre le saint et l’idiot du village, quand il retrouve sa tribu 20 ans plus tard, lui n’a pas vieilli et ceux qui le moquaient sans cesse voient son retour comme une apparition christique, qui met en lumière la violence et la perte de sens de notre époque. C’est un conte contemporain, aux images tournées en super 16 d’une beauté simple, un seul conseil, laissez-vous porter.    

Sale temps à l’hôtel El Royale de Drew Goddard

C’est un thriller pop dont l’action est ramassée sur une longue nuit. Dans l’Amérique de Nixon, sept personnages troubles se retrouvent par hasard dans cet hôtel désert et désuet. Drew Goddard veut tout traiter : l’illusion du succès, la cupidité,  la guerre de Viêt Nam, la religion, les sectes hippies, un bûcher des vanités efficace par ses scènes d’action mais qui manque de finesse. Mais Jeff Bridges en faux prêtre est impérial et Cynthia Erivo en chanteuse de soul ratée, qu’on verra bientôt dans Les Veuves de Steve McQueen se révèle.        

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