Le port iranien de Chabahar, crucial pour l’Afghanistan, exempté de sanctions américaines

Un terminal pétrolier iranien à Chabahar, en 2012.

Les Etats-Unis ont annoncé discrètement, mardi 6 novembre, l’une des exemptions les plus significatives au volet de sanctions imposées la veille à l’Iran et à ses partenaires économiques. Sur décision du secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, Washington ne visera pas le port de Chabahar, un hub maritime régional en développement dans le sud du pays.

Les autorités américaines entendent mettre en place « une politique de pression maximale [contre Téhéran], afin de changer les politiques déstabilisatrices du régime iranien dans la région et au-delà », a rappelé le département d’Etat dans un communiqué. Mais Washington reconnaît dans le même temps que ce port est trop important pour ses alliés régionaux, l’Inde et surtout l’Afghanistan.

Dénué d’accès à la mer, Kaboul compte sur lui pour réduire sa dépendance vis-à-vis du Pakistan et du grand port de Karachi. Dès cette année, son commerce avec Téhéran a ainsi dépassé celui avec Islamabad. L’Inde pourra donc poursuivre sa recherche de financements pour l’aménagement d’une partie de Chabahar – en février, New Delhi avait signé avec Téhéran un accord de concession, qui prévoit 85 millions de dollars (75 millions d’euros) d’investissements indiens.

« Force stabilisatrice »

Washington tolérera également la construction d’une ligne ferroviaire entre Chabahar et l’Afghanistan voisin, ainsi que la livraison au port de biens « humanitaires » – ce qui pourrait inclure le commerce de produits alimentaires et médicaux. Kaboul sera, enfin, autorisé à poursuivre ses importations de produits pétroliers iraniens.

« Cela indique que même l’administration Trump peut voir l’Iran comme une force stabilisatrice en Afghanistan, par opposition au Pakistan », note Ariane Tabatabai, spécialiste de la région à la Rand Corporation, un think tank lié à l’appareil militaire américain. Les relations de Washington avec son allié pakistanais demeurent en effet au plus bas depuis…

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