En Iran, le président Hassan Rohani affaibli après les sanctions américaines

Le président iranien Hassan Rohani au Parlement, le 27 octobre, à Téhéran.

Le président Hassan Rohani a promis des larmes aux Iraniens, mercredi 31 octobre, dans une rare prise de parole, à l’approche de la nouvelle vague de sanctions américaines qui doivent frapper les exportations pétrolières du pays, lundi 5 novembre : le cœur de son économie. « La situation a été dure pour le peuple ces derniers mois, et elle pourrait l’être encore dans les mois suivants », a-t-il reconnu durant un conseil des ministres filmé par la télévision d’Etat.

M. Rohani avait quasiment cessé de s’exprimer depuis des mois. D’ordinaire prompt à expliquer son action au peuple, et à répondre à ses critiques, il s’efface désormais. Ses alliés réformateurs, amers, se plaignent de n’avoir plus accès à lui. Il pâtit de son image de technocrate insensible, alors que la population souffre. Mercredi, il reconnaissait le désespoir qui monte en Iran, tout en évitant le blâme. « Les gens sont en colère, mais… Ils en veulent à l’Amérique et à ses crimes – pas au gouvernement et au système du pouvoir », disait-il.

Ses électeurs, qui l’avaient confortablement reconduit à la présidence, en mai 2017, pour qu’il poursuive sa politique d’ouverture économique à l’Occident, perçoivent la pression américaine comme une tentative malsaine de provoquer un changement de régime dans leur pays. Mais ils ont aussi perdu confiance dans ce gouvernement. M. Rohani s’est montré incapable d’apporter une réponse sensée aux sanctions ; il en a lui-même aggravé les effets.

Premier retour de sanctions

« Ce gouvernement est perdu. Depuis quatre mois, il enchaîne les conneries sans réfléchir », note à Téhéran un industriel français, qui a vécu la précédente phase de sanctions internationales massives contre le pays, entre 2012 et 2015, et souhaite rester anonyme. M. Rohani s’affichait mercredi avec une équipe renouvelée de ministres en charge de l’économie. Le Parlement avait retiré sa confiance cet été, à la précédente équipe. Par impuissance…

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