Bagarre à Orly : un an de prison avec sursis requis contre Booba et Kaaris, jugement le 9 octobre

Le parquet a requis jeudi soir un an de prison avec sursis contre les rappeurs Booba et Kaaris pour leur rixe à l’aéroport d’Orly, qui a retardé plusieurs vols et causé des dégâts dans une boutique début août. Le procureur a également réclamé des peines allant jusqu’à huit mois d’emprisonnement ferme pour les membres de leurs clans respectifs. 

Le tribunal correctionnel de Créteil rendra son jugement le 9 octobre.

Les deux rivaux sont « tous deux responsables » de la rixe du 1er août, lors de laquelle ils ont « perdu toute lucidité », a-t-il estimé. Ce sont eux qui ont échangé les premiers coups et ils ont « entraîné leurs gardes rapprochées » dans la bagarre, a-t-il dénoncé.

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Chaque camp a rejeté la faute sur l’autre

Jugés pour violences aggravées et vols en réunion avec neuf membres de leurs clans respectifs impliqués dans la rixe, les deux rivaux comparaissaient libres après avoir passé trois semaines en détention provisoire.

À la barre, Kaaris, Gnakouri Okou à l’état-civil, a tenu à débuter par des excuses. « C’est pas bien ce qui s’est passé en fait, je présente mes excuses aux personnes choquées par les images », a-t-il déclaré avant de rejeter la responsabilité de la bagarre sur l’autre camp. « Je ne suis pas à l’origine de cette rixe », a martelé le rappeur en chemise blanche immaculée. « J’ai donné des coups pour me défendre », a-t-il assuré, en prônant désormais « l’apaisement ».

« Moi, je cherchais à aller prendre mon avion c’est tout », s’est défendu Booba, de son vrai nom Elie Yaffa. Vêtu d’une chemise à carreaux, celui que ses fans surnomment le « Duc de Boulogne » a expliqué s’être senti « encerclé » et « menacé » par Kaaris et son groupe. Sur les extraits de la vidéosurveillance, longuement décortiqués par le tribunal, on le voit en effet porter le premier coup de pied à son rival. « Un coup d’intimidation pour empêcher qu’il m’attaque » a expliqué l’artiste à la barre.

Booba a également été questionné sur une vidéo tournée par une fan quelques temps avant la bagarre où on le voit déclarer :  « c’est la garde à vue qui m’attend ». « Ce n’était pas sur un ton sérieux » a affirmé le rappeur. 

Interdiction de rendre compte des débats sur les réseaux sociaux 

L’audience a eu lieu dans la salle d’habitude réservée aux assises, sous forte protection policière, entièrement pleine. Pour la sérénité des débats, la présidente avait interdit aux journalistes de rendre compte du procès en direct sur les réseaux sociaux. À l’extérieur, des dizaines de fans, avaient fait le déplacement dans l’espoir d’apercevoir les rappeurs.

Les débats ont été interrompus à plusieurs reprises, d’abord à cause d’un interprète manquant, puis pour permettre au tribunal d’examiner les requêtes des avocats de rappeurs, qui demandaient la nullité de la procédure.

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