Un été sans souci : on vous explique comment (bien) choisir sa crème solaire

Comme tout cosmétique, les crèmes solaires contiennent notamment des produits chimiques, certains plus dangereux que d’autres. Les crèmes bio, soumises à un cahier des charges plus sévère, sont-elles pour autant inoffensives ? Tour d’horizon des protections solaires.

Pour limiter les effets des rayons solaires sur la peau, les cosmétologues disposent essentiellement de deux armes : des filtres chimiques qui absorbent les rayons UVA et UVB ou des écrans physiques constitués de minéraux qui, eux, les réfléchissent.

Pour bien choisir une crème solaire, il faut se pencher sur sa liste INCI (nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques), c’est-à-dire la liste détaillée de ses composants figurant sur l’emballage. Obligatoire en Europe depuis 1998, elle est un outil précieux pour tenter de repérer les composés potentiellement à risque.

Une étude comparative de l’UFC-Que Choisir en 2017, (réactualisée en 2018) n’avait recensé que huit crèmes sur 21 testées, exemptes d’allergènes. Parmi les produits chimiques à risques qui reviennent le plus souvent, l’association a pointé du doigt :

– L’oxybenzone appelé aussi benzophénone 3, un perturbateur endocrinien. En 2011, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a émis un avis visant à limiter son utilisation dans les produits cosmétiques.

– Le propylparaben, un conservateur considéré comme perturbateur endocrinien, à l’instar d’autres parabens à longue chaîne qui eux, ont été interdits depuis 2014 ((isobutylparaben, isopropylparaben, benzylparaben, pentylparaben, phenylparaben). Ceux à courte chaîne en revanche (ethylparaben, methylparaben) ont été blanchis par les experts français et européens.

– Le cyclopentasiloxane, un émollient particulièrement dangereux selon le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs, quand il est sous forme de spray. Il présente lui aussi des effets hormonaux.

– L’ethylhexyl methoxycinnamate : saisie pour évaluer les risques, l’Afssaps a admis en 2012 une perturbation des oestrogènes. Pourtant, le produit est très souvent utilisé dans des produits « sensibles » comme les sticks pour les lèvres, note l’UFC-Que Choisir.

– Le phenoxyethanol, un conservateur réévalué par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) en 2012. Elle l’a jugé hématotoxique et hépatotoxique (toxique pour le sang et le foie). 

– La methylchloroisothiazolinone (MCIT) et la methylisothiazolinone (MIT) lorsqu’elles sont mélangées, forment un cocktail d’allergènes très puissants. Il est interdit dans les produits sans rinçage depuis avril 2016.  

Certains fabricants optent plutôt pour des huiles végétales (huile de coco ou de jojoba) qui hydratent la peau et des filtres minéraux comme l’oxyde de zinc et le dioxyde de titane, qui sont biodégradables et aussi efficaces que les filtres solaires chimiques. Ces crèmes sont souvent estampillées « bio ». Le souci, ce sont les nanoparticules, ces particules de matière réduites à l’état microscopique. Si leur présence doit obligatoirement être mentionnée depuis 2013 dans l’Union européenne sur les emballages, entre crochet après le nom de l’ingrédient, (exemple : « Titanium dioxyde [nano] »), ce n’est pas le cas de leur degré de raffinement. Or, ces nanoparticules peuvent être toxiques, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) si elles sont trop fines car elles sont alors faciles à inhaler. Plusieurs études ont démontré des effets inflammatoires pulmonaires et un affaiblissement du système immunitaire. Le dioxyde de titane est même classé comme cancérogène possible, quand il est inhalé, par le Centre international de recherche sur le cancer.

Produits chimiques, allergènes et naturels présents dans les crèmes solaires
Produits chimiques, allergènes et naturels présents dans les crèmes solaires (RADIO FRANCE / STEPHANIE BERLU)

Deux repères pour témoigner de la qualité du produit : d’abord, un « truc » facile, les traces blanches laissées sur la peau. Plus elles sont importantes, plus c’est rassurant, même si c’est peu agréable de se tartiner une pâte blanche et collante. Et puis, la mention du label COSMOS (Cosmetic organic standard) sur l’emballage. Cette norme privée européenne établie par des Allemands, des Français, des Italiens et des Britanniques, reprend les principes du référentiel Ecocert. Si la norme autorise le dioxyde de titane et l’oxyde de zinc dans les crèmes solaires, elle impose qu’au moins la moitié des particules présentes doit avoir une taille supérieure à 100 nm. Et sur 100g d’échantillon, plus de 90g doivent être constitués de particules ayant une taille supérieure à 100 nm, soit 10% en masse. Enfin, pour se protéger efficacement du soleil, il reste toujours une méthode simple : chapeau, lunettes, vêtements foncés et ombre. 

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