Violences policières au TGI de Paris : la garde à vue du policier prolongée

La garde à vue du policier stagiaire mis en cause pour des violences commises à l’encontre d’un détenu au TGI de Paris a été prolongée ce vendredi soir, a appris franceinfo auprès du parquet de Paris. Le policier est en garde à vue depuis jeudi pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique » et « faux ». Il a également été suspendu par le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, après la révélation d’une vidéo le montrant en train de frapper un détenu dans l’enceinte du tribunal de grande instance de Paris.

Sur la vidéo, le policier frappe un détenu au sol 

Des images de vidéosurveillance, d’une durée de près de six minutes, montrant ce gardien de la paix menottant puis frappant au sol un homme qui devait être jugé en comparution immédiate pour vol avaient été révélées sur internet par le site La-bas.org. Les faits se sont déroulés le 9 juin selon le site La-bas.org, ce qu’a confirmé à l’AFP une source proche de l’enquête.

La vidéo montre un homme qui semble refuser de retourner dans sa cellule. Après environ 45 secondes de lutte au corps à corps, le gardien de la paix qui l’escorte l’immobilise au sol et le menotte. Il le ramène violemment jusque dans sa cellule, avant de lui asséner des coups de pied alors qu’il est au sol et menotté, sous le regard de deux de ses collègues arrivés en renfort et qui éloignent ensuite le policier.  Selon le site, créé en 2015 après l’arrêt de « Là-bas si j’y suis », célèbre émission engagée de Daniel Mermet diffusée sur France Inter entre 1989 et 2014, c’est un policier qui leur a transmis la vidéo pour dénoncer ces agissements.

Un comportement « inadmissible » pour le ministre de l’Intérieur 

En début de soirée, le ministre Gérard Collomb a annoncé la suspension du policier mis en cause. « Le ministre d’Etat a pris connaissance ce jour de l’existence d’une vidéo présentant un comportement violent et inadmissible d’un gardien de la paix stagiaire dans l’enceinte du Tribunal de grande instance de Paris. Le ministre d’Etat condamne avec la plus grande fermeté ce comportement inadmissible qui vient nuire à l’image de l’ensemble des forces de sécurité », a fait savoir le ministère de l’Intérieur. « Par conséquent, il a immédiatement décidé de la suspension, à titre conservatoire, du fonctionnaire en cause, dans l’attente des conclusions des enquêtes judiciaires et administratives », a-t-il ajouté.

Deux enquêtes ouvertes 

Le parquet de Paris avait dans la foulée ouvert deux enquêtes : une première pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique » et « faux », et une seconde pour « introduction frauduleuse dans un système automatisé de données » en raison de l’extraction et de la diffusion des images de vidéosurveillance. Ces deux enquêtes ont été confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices ».  

Les violences policières en augmentation

Selon le bilan de l’IGPN pour 2017 publié récemment, les enquêtes sur des violences volontaires imputées à des policiers ont augmenté de 6% par rapport à 2016.  Dans le cadre professionnel, ces violences relèvent pour 19% de faits commis dans les locaux de police, notamment lors du déroulement d’une garde à vue ou d’une rétention (10%).  Ouvert au public depuis le 16 avril, le TGI de Paris se trouve dans le quartier des Batignolles (XVIIe arrondissement) après avoir déménagé de son site historique sur l’Ile de la Cité qu’il occupait depuis plusieurs siècles.

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