Retraites, dépenses publiques, emploi, pauvreté : ce qu’il faut retenir du discours d’Emmanuel Macron à Versailles

Le président de la République a donné, ce lundi, son deuxième discours devant le Parlement réuni en congrès à Versailles. Le Président s’est adressé à 900 députés et aux Sénateurs pour tracer le cap et évoquer les réformes économiques et sociales à venir. L’allocution était boycottée par certains élus, notamment ceux de La France insoumise.

Le Président pourra écouter et répondre aux parlementaires lors des prochains Congrès

Tenant compte du boycott de son discours, le président a annoncé que le gouvernement allait déposer un amendement au projet de loi constitutionnelle pour permettre au chef de l’Etat d’écouter les parlementaires et leur répondre lors des Congrès à venir. Cette révision constitutionnelle sera examinée à partir de mardi par l’Assemblée nationale.

Je sais que je ne réussis pas tout »

« Il y a une chose que tout président de la République sait : il sait qu’il ne peut pas tout, il sait qu’il ne réussira pas tout. Et je vous le confirme, je sais que je ne peux pas tout, je sais que je ne réussis pas tout », a déclaré le chef de l’Etat en préambule de son allocution. Mais, a-t-il ajouté, « mon devoir est de ne jamais m’y résoudre et de mener inlassablement ce combat », a-t-il précisé.

Un plan de baisse des dépenses publiques « dans les prochaines semaines »

Le Premier ministre Edouard Philippe « présentera dans les prochaines semaines les nouvelles décisions permettant de tenir les engagements de baisse de nos dépenses publiques », a annoncé Emmanuel Macron. Le Président a promis « des choix forts et courageux ». « Il ne saurait y avoir de baisse de la fiscalité ou de développement de l’investissement sans un ralentissement de la hausse continue de nos dépenses », a affirmé le chef de l’Etat devant, ajoutant que « tout le monde souhaite la baisse des impôts (…) mais nul ne veut jamais les assumer lorsqu’elles sont décidées ».

« Cela s’accompagnera d’une réorganisation de l’Etat à travers plus de présence sur les territoires, plus de souplesse de gestion », a affirmé le président de la République, souhaitant ainsi « enrayer un mode d’action publique qui a toujours procédé aux économies en réduisant sa présence sur les territoires ».

Les 100 premières entreprises françaises devront s’engager pour l’emploi et l’apprentissage 

Emmanuel Macron a également annoncé qu’il recevrait courant juillet les 100 premières entreprises françaises « pour solliciter leur engagement » en matière d’apprentissage et d’embauches, notamment dans les quartiers en difficulté. « J’attends d’elles qu’elles s’engagent en termes d’apprentissage, d’emplois dans les quartiers difficiles. Je ne leur demanderai pas de s’engager par la loi mais par des engagements actifs, immédiats, visibles, de créations d’emplois, d’embauche d’apprentis » avec « une mobilisation pour nos territoires des principales entreprises et des investisseurs ».

Le Président se défend de faire une politique « pour les riches »

Emmanuel Macron a assuré qu’il n’aimait « ni les castes, ni les rentes, ni les privilèges ». « Une politique pour les entreprises, ce n’est pas une politique pour les riches. C’est une politique pour toute la nation, une politique pour l’emploi, une politique pour les services publics », a déclaré le Président. « Il est mensonger de vouloir défendre les salariés si l’on ne défend pas les entreprises », a-t-il justifié.

Les retraites refondées dès 2019 

A quelques mois de la réforme des retraites voulue par le gouvernement, Emmanuel Macron a voulu mettre les choses au clair : « Faire croire que nous voudrions supprimer les pensions de réversion est une rumeur malsaine, visant à faire peur », a-t-il dénoncé. « Rien ne changera pour les retraités d’aujourd’hui », a-t-il affirmé devant le Congrès, suscitant les protestations des parlementaires. « Pour la première fois ce qui a été choisi n’a pas été de faire une économie sur les retraités d’aujourd’hui ou ceux qui s’apprêtent à partir à la retraite, mais de refonder un système de retraite juste, unique, transparent, qui viendra progressivement remplacer la quarantaine de systèmes existants », a insisté le président de la République. 

« Dès 2019 nous refondrons notre régime de retraite pour protéger mieux ceux dont les carrières sont hachées, instables, atypiques », ce qui concerne « bien souvent les carrières des femmes », a-t-il déclaré. Pour le Président, cette réforme est nécessaire car les jeunes « ne croient plus au système de retraite » et « ne pensent pas que ce système permettra de financer la leur ».

Le plan pauvreté présenté en septembre, mis en oeuvre en 2019 

Le plan pauvreté, reporté à la rentrée par le gouvernement, sera présenté « en septembre » et mis en oeuvre « en 2019 », a confirmé Emmanuel Macron, en promettant « un accompagnement réel vers l’activité » pour les personnes « les plus fragiles ». Cette stratégie « ne se contentera pas de proposer une politique de redistribution classique, mais une politique d’investissement et d’accompagnement social », a-t-il ajouté. « Je veux une stratégie de lutte contre la pauvreté qui ne permette pas à nos concitoyens pauvres de vivre mieux, mais bien de sortir de la pauvreté une bonne fois pour toute », a-t-il insisté.

Les règles de l’assurance-chômage bientôt révisées 

Emmanuel Macron a aussi proposé aux partenaires sociaux de réviser les règles de l’assurance-chômage pour encourager le retour à l’emploi. « Je souhaite que les partenaires sociaux révisent les règles de l’assurance-chômage afin que, dans cette période de reprise économique, nous puissions non seulement nous assurer qu’elles récompensent bien davantage la reprise d’activité mais aussi qu’elles incitent à la création d’emploi de qualité« , a-t-il déclaré. « Le projet de loi ‘Avenir professionnel’ sera modifié en ce sens dans les prochains jours. (…) Ces règles seront négociées dans les prochains mois par les partenaires sociaux afin qu’une telle réforme puisse entrer en vigueur au printemps 2019 », a-t-il précisé.

Le rendez-vous avec les principales organisations patronales et syndicales, prévu le 17 juillet, doit permettre de « jeter les bases d’un nouveau contrat social, celui du siècle qui s’ouvre », a-t-il ajouté.

L’éducation, « premier pilier de la politique sociale » 

Le Président a également affirmé que l’éducation était le « combat de notre siècle », qui « libère du déterminisme social ». Le « pilier premier de la politique sociale est une politique d’émancipation de chacun qui libère du déterminisme social », a-t-il affirmé, justifiant ainsi « pourquoi depuis un an nous avons tant fait pour l’éducation », et rappelant les réformes portant sur l’école obligatoire à trois ans ou le dédoublement des certaines classes.

Construire l’État-providence du XXIème siècle 

La « priorité de l’année qui vient » sera de « construire l’État providence du XXIe siècle », a déclaré Emmanuel Macron. Il souhaite un système « émancipateur, universel, efficace » et « responsabilisant ».
Alors que « des pans entiers de notre population sont trop peu ou trop mal couverts » par la Sécurité sociale, ou que « nous sommes aujourd’hui laissés seuls face à des risques majeurs comme celui de la perte d’autonomie, des retraites incertaines », la « priorité » est aujourd’hui de construire « un État providence émancipateur, universel, efficace, responsabilisant, c’est-à-dire couvrant davantage, protégeant mieux, s’appuyant aussi sur les mêmes droits et les mêmes devoirs pour tous », a-t-il déclaré.

La lutte contre le terrorisme islamiste, « le travail d’une génération »

La lutte contre le terrorisme islamiste est « le travail d’une génération », a également affirmé Emmanuel Macron. Face au terrorisme, « le travail doit se poursuivre sans fébrilité et sans relâche », a précisé le Président, qui a promis « de nouvelles décisions » sur le sujet.

Bientôt de nouvelles règles pour l’islam de France

Le Président a par ailleurs indiqué que la République n’avait « aucune raison d’être en difficulté avec l’islam ». « Dès l’automne, nous clarifierons cette situation en donnant à l’islam un cadre et des règles garantissant qu’il s’exercera partout de manière conforme aux lois de la République. Nous le ferons avec les Français dont c’est la confession et avec leurs représentants », a précisé le chef de l’Etat. 

Migrants : la France n’acceptera pas de camps pour les déboutés 

« Jamais la France n’acceptera des déportations » de migrants « à travers l’Europe », a affirmé le Président. « Jamais la France n’acceptera les solutions de facilité que d’aucuns aujourd’hui proposent qui consisteraient à organiser des déportations, à travers l’Europe, pour aller mettre dans je ne sais quel camp, à ses frontières ou en son sein ou ailleurs, les étrangers » non admis en France, a souligné le chef de l’Etat.

 - Visactu
© Visactu

Continuer à lire sur le site d’origine

%d blogueurs aiment cette page :