Comment devient-on météorologue ?

Il faut d’abord avouer que ce métier offre de moins en moins de débouchés en raison du progrès des nouvelles technologies, mais il existe tout de même des secteurs où la météorologie est indispensable (médias, économie, assurances, marine, aéronautique…). Alors, quelles sont les filières qui permettent de devenir météorologue ?

L’Ecole Nationale de la Météorologie (ENM)


Les différentes façons de devenir météorologue (ou météorologiste, les deux se disent) sont assez méconnues, au vu du nombre de jeunes passionnés par la discipline. Le cursus qui vient directement à l’esprit, est celui proposé par Météo-France (service national de la météorologie français). Un concours très sélectif accessible aux titulaires d’un baccalauréat scientifique (Bac S) permet de devenir technicien supérieur « instruments et installations » ou « exploitation ».  La formation dure 2 ans à l’Ecole Nationale de la Météorologie (ENM) située à Toulouse.  A l’issue de cette formation,  les techniciens supérieurs de la météorologie travaillent dans des domaines variés tels que la prévision météo, la gestion des matériels, l’instrumentation, le traitement des données,  la communication, la commercialisation… Un deuxième concours permet de devenir  ingénieur des travaux de la météorologie. Il est ouvert au niveau des classes préparatoires aux grandes écoles, filières MC (Maths/Physique), PC (Physique-Chimie) et PSI (Physique et Sciences de l’Ingénieur). Vous pourrez ainsi devenir ingénieur au sein de Météo-France afin de participer à l’établissement des bulletins à destinations de professionnels,  ou faire de la recherche au sein du CNRM (Centre Nationale de Recherches Météorologiques).


Météorologue dans l’Armée


Si vous avez une vocation plus patriotique, vous pouvez devenir météorologiste dans l’armée. Le ministère de la défense propose 3 formations : météorologiste prévisionniste pour l’aviation légère de l’armée de terre (météorologiste travaillant majoritairement avec les hélicoptères de l’armée de terre), météorologiste prévisionniste pour l’armée de l’air et météorologiste océanographe pour la marine. Ces 3 formations sont accessibles après un Bac scientifique (Bac S). Pour cela, il vous suffit simplement de vous rendre dans l’un des nombreux CIRFA (Centre d’Information et de Recrutement des Forces Armées) implantés partout en France. S’en suivra ensuite une formation militaire initiale (FMI) d’une durée d’environ 6 mois où vous apprendrez les bases du savoir-vivre du militaire et du combat. Après avoir validé cette phase, vous serez envoyé à l’école nationale de la Météorologie (ENM) à Toulouse, pendant 1 an et 6 mois pour pouvoir prétendre à l’obtention du diplôme de technicien en météorologie. Vient ensuite une période de parrainage de 6 mois en unité opérationnelle à l’issue de laquelle vous obtiendrez le titre de météorologiste breveté. Le travail de météorologiste militaire consiste avant tout à observer les conditions météorologiques et à avertir les pilotes des différents dangers qu’ils peuvent rencontrer au cours de leurs missions. Les briefings quotidiens tiennent donc une place importante dans le métier de météorologiste militaire, une bonne aisance à l’oral est donc indispensable ainsi que la maîtrise de l’anglais.


Dans ce même contexte militaire, la Marine Nationale offre des possibilités d’être météorologue-océanographe. Le météorologiste océanographe exploite les données météorologiques et océanographiques afin d’élaborer les prévisions destinées aux états-majors opérationnels et aux équipages des bâtiments, sous-marins et aéronefs. Au cœur d’un dispositif de haute technologie qui le renseigne, ses synthèses sont indispensables pour optimiser l’exécution des missions maritimes, terrestres et aéronautiques. Présent à bord de tous types d’unités de surface (porte-avions, BPC, frégates, sous-marins), il peut aussi opérer à terre dans une base navale.


Ce recrutement, sur sélection, s’adresse à des diplômés titulaires d’un Bac S pour admission à l’Ecole de Maistrance (marine nationale), de Rochefort (armée de l’air) ou de Saint Maixent (armée de terre). Le contrat initial est de 5 ou 10 ans et vous permet d’accéder aux corps des sous-officiers ou des officiers mariniers. Les recommandations sont les suivantes : être de nationalité française, savoir nager, être physiquement et médicalement apte, avoir accompli sa Journée Défense & Citoyenneté (ex JAPD) et être âgé de 17 à moins de 25 ans.


Des filières parallèles de plus en plus prisées : l’Université


Vous pouvez également parvenir aux métiers de météorologue par le biais de la voie universitaire. En effet plusieurs universités (Paris 6, 7 et 12, Toulouse 3, Grenoble 1, Aix-Marseille 2, Clermont-Ferrand 2, Nice, Grenoble, Dijon …) proposent des cursus en climatologie et étude de l’atmosphère et de l’océan. Ils vous permettront d’avoir accès aux métiers notamment de la recherche au CNRM (Centre Nationale de Recherches météorologiques) ou encore au CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique). D’autres filières universitaires plus transversales peuvent permettre de rejoindre des métiers proches de la météorologie : il s’agit de la géographie et de la géologie. Ces cursus intéressent ceux dont le niveau en maths-physique n’est pas suffisant pour leur permettre de réussir les concours de la Météorologie Nationale et offrent une vision généraliste de plus en plus recherchée dans les entreprises du secteur privé. La géographie physique ou la géologie offrent une connaissance globale de la Terre, de l’environnement et des différentes interactions (océans, cycle de l’eau), pouvant permettre d’être un bon météorologue. Ces filières permettent aussi de s’orienter vers la glaciologie (Institut universitaire de géographie Alpine de Grenoble), l’érosion littorale ainsi que la problématique environnementale des changements climatiques. Ajoutons enfin que ces filières universitaires généralistes peuvent permettre aussi de devenir présentateur, expert ou encore journaliste pour la presse et les nouveaux médias.


Physique et modélisation


Dans un secteur en pleine mutation où les techniques météorologiques évoluent très rapidement et où les services météo développent de plus en plus de prévisions dites « automatiques », les Masters en sciences de l’atmosphère et du climat sont de plus en plus axés sur la modélisation et sur la formation de spécialistes des processus physiques. Les futurs météorologues seront donc aptes à développer des modèles numériques de prévisions météo et hydrologiques, puis de les interpréter : c’est le principe de la polyvalence. Enfin, les systèmes d’informations géographiques (SIG) sont nécessaires à maitriser pour la cartographie et demandent un formation spécifique en géomatique (Toulouse). Les météorologues doivent donc être capables de modéliser eux-mêmes les modèles qui leur serviront de base pour l’élaboration de prévisions à destination de l’énergie, du trading, des Assurances et de l’estimation des coûts des catastrophes naturelles par exemple.


Les présentateurs TV sont-ils météorologues ?


Les présentateurs météo sont souvent assimilés à des météorologues alors que ce n’est souvent pas le cas. Deux profils existent : certains météorologues deviennent présentateurs en tant qu’experts sur des chaînes de télé ou à la radio, une minorité, tandis que les autres sont des présentateurs ayant une formation de journaliste et qui se spécialisent en météo en suivant des stages de formation.


La Chaîne Météo regroupe des experts en provenance de tous les domaines cités dans cet article, dans le but de bénéficier de toutes les différentes spécialités du métier : filière universitaire en climatologie, géographie et physique, armée, météorologie nationale et présentateurs spécialisés formés sur place.  


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