Cadarache : les jeunes au service de la météo

Le climat, c’est l’affaire de tous. Il n’y a pas d’âge pour s’y intéresser. Encadrés dans le projet de science participative Solstice, 150 élèves de 11 collèges de la région Paca ont étudié les phénomènes météorologiques pendant leur année scolaire. Ils se sont tous donné rendez-vous pour un exposé final, hier, au CEA Cadarache.

« Pourraient-ils y avoir des tornades dans notre région ? » s’interrogent les élèves de Cadenet, accompagnés de la création de leur mini-vortex en bouteille plastique. Après une étude du phénomène et des caractéristiques des pays touchés, ils ont prouvé que « nous pourrions être exposés à une tornade surtout en été lors des fortes températures. Mais nous sommes loin des États-Unis avec leurs 700 cas par an« .

À Pierre de Coubertin au Luc-en-Provence, Léa et ses camarades de 5e5 sont partis à la recherche de l’Issole, à sec selon les saisons, grâce à leurs études hydrogéologiques d’un oued provençal. Suivis des 4e5 qui ont analysé les signaux sismiques dus à la houle. « Aux cours de nos observations, on a même enregistré les vibrations d’un séisme au Pérou de magnitude 7,3 ! » se sont-ils étonnés.

Héloïse, Théo, Romain et les collégiens de Louis Philibert du Puy-Sainte-Réparade se sont penchés sur la foudre « à l’heure du réchauffement climatique et des énergies nouvelles comme le solaire et l’éolien. Alors pourrait-on capter l’énergie de la foudre pour en faire de l’électricité ? » Une idée intéressante qui a fait son chemin. Et force est de constater que « l’hydraulique génère 65 TerraWatt par an en France alors que la foudre ne produirait que 0,03 % de l’énergie française, ce qui est trop peu pour le coût de production« .

Sur le déréglement climatique

À Manosque, les élèves de Jean-Giono ont travaillé sur « le dérèglement climatique. Va-t-il traduire un printemps précoce ? » Une réponse trouvée dans la croissance des bourgeons, en mettant en place une station météo sur le toit du collège et en réalisant une courbe de développement pour six essences d’arbres répertoriés dans la cour. Une conclusion à peaufiner dès la rentrée de septembre mais qui tend à révéler que cerisiers et mûriers sont en avance.

Masses d’air, tornade, changement climatique, foudre et énergies renouvelables, cours d’eau, pluviométrie, thermomètre à liquide, séisme… Autant de thèmes présentés avec rigueur et justesse par des collégiens investis. Cette expérience leur a permis de comprendre le travail de recherche des scientifiques et pourquoi pas, les motiver à poursuivre dans cette filière.

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3 questions à Guy Willermoz, chargé du projet Solstice du CEA Cadarache : « Tout est possible si on leur fait confiance »

C’est la deuxième édition de ce projet Solstice, y a-t-il eu des évolutions ?

« Nous avons toujours le même fil conducteur mais ils sont plus nombreux. Nous avions 7 collèges l’an dernier, ils sont 11 cette année. En partenariat avec les académies d’Aix-Marseille et de Nice, nous avons eu plus de demandes. Cet exercice de science participative leur permet de mettre le pied à l’étrier et de mieux comprendre ce qu’on leur explique puisqu’ils sont eux-mêmes acteurs.

C’est un exercice, pas un concours…

Ce n’est pas le résultat qui compte le plus. Ils comprennent comment faire une mesure physique, réfléchir à plusieurs, comment arriver à une conclusion, et présenter leur exposé devant leurs pairs car c’est aussi ça la science. Se confronter aux autres et avoir l’esprit critique. Ce n’est pas forcément négatif, ça permet d’avancer. Dans les sciences, on doit avoir plusieurs regards mais aussi en économie, en sciences humaines… Cette diversité est aussi importante au collège, ils viennent de différents endroits, n’ont pas les mêmes cultures et forcément ils n’ont pas la même vision.

Comment s’est définie la thématique ?

J’avais proposé plusieurs thèmes mais la météo et le climat sont intéressants car nous y sommes confrontés tous les jours. Et puis, derrière la météo, il y a de la vraie science. Il faut qu’ils mettent en place des protocoles pour pouvoir comparer les données, avoir une méthode, etc. Il y a beaucoup de réflexes scientifiques. Le pluviomètre par exemple, c’est la même problématique pour calculer le volume de neutrons dans un réacteur ! Ils étaient libres de choisir leur sujet. On n’a rien imposé aux équipes pédagogiques. Et je suis bluffé par la qualité des présentations et de leurs recherches. Tout est possible si on leur fait confiance. Aujourd’hui, ces jeunes prouvent qu’ils savent apprendre, s’adapter et transmettre. Je suis fier d’eux et de faire partie de cette aventure. »

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