Edwige Alessandri croit encore en un 4e procès d’assises

Le combat est loin d’être perdu pour Edwige Alessandri, qui entend bien pouvoir démontrer à l’occasion d’un nouveau procès son innocence dans le meurtre de son mari Richard, patron de l’Intermarché de Pernes-les-Fontaines, tué au cours de la nuit du 16 au 17 juillet 2000 dans le mas familial. Au terme de longues investigations, les enquêteurs avaient écarté la thèse de l’intrusion extérieure et retenu un drame lors d’un huis clos familial.

Condamnée à trois reprises, par les cours d’assises de Vaucluse, du Gard et du Rhône, Edwige Alessandri a repris espoir le 29 octobre 2012 lors de la délivrance d’une commission rogatoire par la commission de révision des condamnations pénales. Une victoire pour la défense, assurée alors par Me Levy, qui, lors du procès sur renvoi de cassation tenu devant les assises d’appel du Rhône, à Lyon, a obtenu que soit versé au fichier des empreintes génétiques un mégot saisi sur la pelouse du mas de Pernes. Mégot qui n’avait jusque-là pas été soumis à analyse. Cinq mois plus tard, il s’est avéré qu’il portait la signature ADN d’un cambrioleur d’habitude. Par ailleurs, un informateur a désigné son oncle comme étant l’auteur du coup du feu mortel, et a livré à la justice le nom des membres d’une équipe de cambrioleurs dans laquelle le « fumeur » aurait pu avoir un rôle de guetteur.

La doyenne des juges d’instruction du tribunal de grande instance d’Avignon, en charge d’une nouvelle information judiciaire ouverte le 3 juin par le procureur d’Avignon pour « homicide volontaire » et « complicité de crime », a co-saisi la gendarmerie de Carpentras et la police judiciaire d’Avignon. Une décision « incompréhensible » pour les avocats d’Edwige Alessandri mais aussi pour le bâtonnier Marc Geiger, qui assiste depuis le début de l’affaire, en qualité de partie civile, Brice, le fils d’Edwige et de Richard Alessandri. Le bâtonnier a obtenu l’annulation de nouveaux procès-verbaux d’auditions, les services ou officiers de police judiciaire ayant participé à l’enquête à l’origine de la condamnation du demandeur ne pouvant plus intervenir dans la nouvelle procédure. Dans ce contexte, le non-lieu rendu le 20 avril par la juge d’instruction était attendu et a été immédiatement frappé d’appel. La chambre de l’instruction va devoir statuer dans quelques jours et se prononcer sur la demande de dépaysement demandée par Edwige Alessandri, qui souhaite qu’une véritable enquête soit diligentée.

LES DATES CLÉS

Nuit du 16 au 17 juillet 2000 : Richard Alessandri, 42 ans, est tué dans son lit à Pernes-les-Fontaines.

28 novembre 2000 : Edwige Alessandri et ses fils sont placés en garde à vue.

29 novembre 2000 : Yohann, l’aîné de ses fils, désigne Edwige Alessandri comme étant l’auteur du coup de feu mortel.

30 novembre 2000 : Edwige Alessandri est mise en examen pour meurtre et modification de la scène de crime.

12 janvier 2001 : Yohann dit au juge avoir inventé ses accusations.

27 janvier 2006 : la cour d’assises de Vaucluse condamne Edwige Alessandri à 12 ans de réclusion criminelle.

3 avril 2006 : Edwige Alessandri, qui a fait appel, est remise en liberté.

21 décembre 2006 : la Cour d’assises d’appel du Gard la condamne à 12 ans.

7 novembre 2008 : la cour d’assises du Rhône, sur renvoi de cassation, est désignée pour un troisième procès.

20 février 2009 : Edwige Alessandri est condamnée à 10 ans de réclusion.

Juillet 2009 : l’ADN prélevé sur un mégot trouvé le lendemain du meurtre sur la pelouse de la propriété est attribué à un cambrioleur d’habitude.

23 juin 2010 : un Sorguais déclare à la police que sa mère lui a confié que son oncle serait le meurtrier de Richard Alessandri.

29 octobre 2010 : après avoir purgé 4 ans et demi de détention, Edwige Alessandri bénéficie d’une libération conditionnelle.

25 septembre 2012 : un détective privé est informé que le tireur n’est pas l’oncle de l’informateur mais un de ses compagnons de détention, décédé en février 2008.

29 octobre 2012 : la commission de révision des condamnations pénales ordonne un supplément d’information.

20 avril 2018 : la juge d’instruction prononce un non-lieu, aussitôt frappé d’appel.

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